mobutistes11Ces derniers jours circule sur Internet la dernière interview que H. Kanambé aurait accordé au sieur Kin Kiey Mulamba, dernier ministre des informations du maréchal léopard. Dans ce cas précis l’on pourrait même parler d’un véritable publi-reportage à la manière de ceux que produisent régulièrement Colette Braeckman et Blaise Pascal Talla, tous deux passés maître dans l’art du lèche-botte.

Quelle opportunité pour ce publi-reportage ?

Après avoir publié la semaine d’avant les conclusions de l’enquête du JED menée sur les circonstances troubles de l’assassinat de Franck Ngyke et face au désarroi que cela a suscité dans le camp du PPRD, il est à parier que Kin kiey s’est lancé dans une opération de rattrapage pour le compte de même PPRD. A la manière de tous les opportunistes qui arpentent les salons de Kinshasa, il s’est senti obligé de créer cette vaste opération de relations publique pour plaire au PPRD et ainsi se positionner en prévision des prochaines semaines. Car l’homme porte une double casquette, celle de politicien et de journaliste. Et jusqu’à présent, on ne peut pas dire que sa carrière politique ait connu des moments d’éclats. Au cours des années 90, il mit résolument son quotidien au service des forces politiques du conclave, création de VTP alors directeur de cabinet du maréchal chapiteau. Il ne passait pas un jour sans que l’homme ne vilipende la vraie opposition politique incarnée déjà à l’époque par Etienne Tshisekedi. Profitant habillement de sa position de correspondant d’une grande agence de presse internationale à Kinshasa, il distillait toujours des dépêches favorables à la mouvance présidentielle de l’aigle de Kawele. Résultat, la récompense tant attendu et pour laquelle l’homme s’était longuement investi tombera au soir du pouvoir Mobutu. En effet, il est celui que le général Likulia appellera comme ministre de l’information dans le dernier gouvernement du maréchal Mobutu mourant et dont le pouvoir se trouvait déjà au bord du précipice sous les coups de boutoirs d’une AFDL qui volait des victoires en victoires.

Plus grave, il est celui qui témoigna à charge contre un groupe de militaires lors du fameux procès de mutins de la voix du zaïre, véritable mascarade et simulacre de procès dont les maîtres d’œuvres furent Jean Nguz et Honoré Ngbanda, tous deux bourreaux des martyrs du 16 février 1992. Le jour de sa comparution à ce fameux procès, l’homme se fit représenter par un de ses collaborateurs prétextant un déplacement urgent au Bandundu et devinez quel était le contenu de son témoignage : il affirmait avoir reçu un coup de fil du pauvre Roger Gisanga de l’UDPS par lequel ce dernier revendiquait la responsabilité d’un parti politique dans ce pseudo-coup d’Etat et les Kinois ne tardèrent pas très vite à trouver le terme approprié à ce simulacre de procès : Maboke ya ba Soda.

Du passage éphémère au ministère puis dans la rébellion.

En tant que dernier porte-parole du gouvernement de Mobutu, Kin kiey était chargé de rédiger des communiqués soporifiques censés entretenir la bonne image d’un maréchal mourant, lâché par tous ses protecteurs occidentaux. Il passait ainsi de son rôle de conseiller occulte à celui de dernier porte voix officiel de la mouvance présidentielle(F.D.U.) Nous avons le souvenir pathétique du dernier compte rendu d’un conseil de ministre, lu à la radio(OZRT) par un Kin kiey sans conviction pendant que Mobutu lui-même avait déjà quitté Kinshasa. Puis vint l’heure de l’exil pour le dernier carré de tous les Mobutistes, et Kin kiey quitta également le pays pour intégrer plu tard la rébellion militaire du RCD, il en fut même l’une des grandes figures à une époque. Quelque temps plu tard il va quitter le RCD, n’ayant certainement pas trouvé sa place dans un mouvement téléguidé par le Rwanda. Et à la faveur des accords de Sun city, il retourne à Kinshasa pour y retrouver sa place de courtisans. Faute de n’avoir pas su faire décoller sa carrière politique, il excelle dans l’art de l’intrigue dans les milieux politiques kinois tout en s’appuyant exclusivement sur un mouvement politique composé essentiellement de ses proches. Et pour entretenir son image, il n’hésite à bouffer à tous les râteliers à l’instar de tous les journalistes griots de Kinshasa. Et c'est dans cette perspective qu’il faut voir son dernier chef d’œuvre concocté avec la complicité, du sieur Kudura Kasongo. L’homme se présente à souhait comme un grand professionnel des médias et ne manque pas une occasion de le rappeler avec arrogance car il aime bine qu’on l’appelle Monsieur le professeur Kin kiey. Lorsqu’on lit bien son dernier publi-reportage avec H. Kanambé, la première impression qu’on en retire est celle d’un journalisme digne de la bonne vielle époque du MPR Part-Etat, rien n’est négligé pour exalter « l’œuvre salvatrice accomplie pour le Congo et son peuple par quelqu’un qui a sacrifié sa jeunesse. » C’est ici le lieu de s’interroger sur les vraies raisons de cette démarche, pourquoi Kin Kiey a t-il voulu à tout prix se faire absoudre par le PPRD ? Sans doute que les prochains jours ne tarderont pas à nous livrer les véritables motivations de ce dernier.