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Légitimité des élections en RDCongo

M. A.O. Konaré a raison oui et non et mais il n’a pas eu le courage politique nécessaire

 

  1. Il a raison si la majorité des Congolais participent à la   “comédie électorale” en cours comme candidats et comme électeurs

 

Il a en fait mis les Congolais devant leur propre conscience et leur propre destin. Louis Michel, Swing, Konaré, Kofi Annanseront incapables de donner la légitimité ou la caution à la “comédie électorale” en cours si aucun congolais n’y participe comme candidat ou comme électeur. Tout dépend donc des Congolais eux-mêmes.

Et tous les analystes congolais et étrangers ont prévenu les Congolais que le pouvoir qui sortira de la comédie électorale en cours sera esclavagiste, dictatorial, terroriste et prédateur. Cfr la constitution de la 3ème République et la loi électorale. Si quelqu’un veut nous prouver le contraire, qu’il publie son argumentation juridique ou politique.

 

Les mêmes analystes ont prévenu les Congolais que les gagnants à cettecomédie électorale” seront les animateurs actuels de la Transition. Tous les autres candidats les accompagnent et apportent leur caution à leur victoire et à leur légitimité. aussi, si quelqu’un en a le moindre doute, qu’il publie son argumentation juridique ou politique.

 

Enfin, les mêmes analystes concluent que les Congolais, non seulement n’ont rien attendre de cette comédie électorale, mais que les dirigeants auront encore plus d’avantages et seront protégés par la constitution dans leur impunité et immoralité gestionnaires.

La Mafia Internationale exploite l’impatience des Congolais à aller aux élections et les poussent dans le dos pour participer à cette comédie électorale d’où la Mafia et ses pions tireront profit mais d’où, pour les Congolais, ne sortiront que l’esclavage, la souffrance, la misère, le terrorisme, le pillage des richesses nationales. Jamais la paix, la démocratie, le bien-être, la sécurité tant attendus des élections.

 

Aucun congolais n’aura le contrôle sur cettecomédie électorale”, sur les données de Base stockés dans les ordinateurs de ZETES PAS, sur les listes des électeurs, sur les résultatstout comme aucun congolais n’a eu le contrôle sur les listes des participants au référendum, sur les résultats du référendum qui, selon le Professeur A. Mampuya, ont été truqués (Personne ne l’a contredit jusquà ce jour): la marge d’erreur de 5% dans la statistique électorale! Impossible!

 

Qui peut nous dire avoir vérifié le chiffre du corps électoral total (26 millions d’électeurs), le nombre exact des Congolais qui avaient participé au référendum (selon Malu Malu: 57% du corps électoral), le nombre exact de ceux qui avaient boycotté le référendum (selon Malu Malu: 43% du corps électoral), le nombre exact de ceux qui avaient voté oui” (selon Malu Malu: 84% de 57%. Il a pris soin de ne pas dire que ces 84% de 57% étaient en fait 47% du corps électoral total. Aucun journaliste de l’Occidentdémocratiquen’a relevé ce fait. Tous les medias de l’Occidentdémocratiqueont répercuté à tue- tête et à longueurs des journées l’information selon laquelle 84% des Congolais ont la constitution.. Qui a relevé le fait que, selon toujours les chiffres de Malu Malu, 43% de boycott + 10% de rejet totalisaient 53% de rejet de la constitution?

 

M. A.O. Konaré, sur ce point précis de la légitimité et de la caution que les Congolais vont ou non donner à la “comédie électorale” en cours, adresse indirectement aux Congolais le même message que celui de M. E. Tshisekedi lors du référendum. Le revoici et analysez-le attentivement. Il est très court, mais très dense et très profond:

Dr François Tshipamba Mpuila

        UDPS BELUX

La démocratie est-elle une denrée exclusive à l’Occident et envers laquelle nous, Africains, n’avons qu’un seul droit: celui d’en mourir de rêve, d’aspiration, d’envie et d’appétit?

 

La réponse à cette question présuppose la réponse cette autre question préalable:

La conception de l’homme dans la société africaine pré-coloniale en général et en RDCongo en particulier était-elle compatible avec l’exercice de la démocratie, de ses exigences et de ses implications? Notre réponse à cette question est oui, et donc affirmative.

 

Nous puisons cette réponse notamment des écrits ci-après: Placide Tempels, “La philosophie bantoue”; Prof. Irung Tshitambal’a Mulang, “L’individu face à la société et la démocratie en Afrique noire traditionnelle: Réflexion critique sur les études africanistes”; Bénézet Bujo, “La morale peut-elle être chrétienne en Afrique?”; Buber Martin, cité par H. Maurier dans “Philosophie de l’Afrique noire”; Misenga Nkongolo, “Apport de la méthodologie cartésienne dans Discours de la méthode” au problème de l’existence d’une philosophie africaine traditionnelle”; Pongo Kivula, “Etude comparée des Contes du Décepteur dans les Littératures Luba et Mbala”; Cheikh Anta Diop, “Antériorité des civilisations nègreset Civilisation ou barbarie. Anthropologie sans complaisance”; Obenga Théophile, “La philosophie pharaonique”; Towa Marcien, “L’idée d’une philosophie négro-africaine”…..

 

1. Résumé des éléments de la conception de l’individu dans la société négro-africaine en général et dans la société congolaise en particulier

 

Un constant: l’échec global, en Afrique, du monolithisme politique, idéologique et syndical, des systèmes politiques terroristes, dictatoriaux et prédateurs, oeuvre de la Mafia internationale qui utilise des pions locaux à sa solde, est flagrant. De nombreuses masses africaines, encadrées par des leaders patriotes et démocrates qui incarnent la volonté souveraine de celles-ci ainsi que leurs aspirations et leur confiance, exigent la démocratie et demandent à la Vraie Communauté Internationale de les soutenir dans leur combat de libération.

 

Mais la démocratie est-elle compatible avec la conception de l’homme dans la société africaine pré-coloniale?

 

Sans trop uniformiser les données ni taire lers particularités remarquables de certaines sociétés de l’Afrique pré-coloniale, nombreux Africanistes étrangers et congolais ont déjà définitivement démontré, dans la société africaine pré-coloniale, de l’existence ontologique (= être profond) et de la consistance axiologique ( = référence à l’échelle des valeurs morales) de la personne humaine ainsi que de sa dimension sociale prononcée et bénéfique en Afrique pré-coloniale. La personne humaine était une évidence première et irrécusable dans cette société. Sa subjectivité était inéliénable et toujours maintenue en éveil. L’individu pouvait toujours, se poser et s’imposer comme une conscience de soi, centre de conception et de décision, conscience critique, sujet libre et responsable, s’affirmer dans la liberté du discours, dans la discussion par la confrontation des opinions diverses. Ces sociétés se sont efforcées de promouvoir l’aventure individuelle, l’indépendance d’esprit et de comportement et de donner à l’individu beaucoup de latitude. 

 

2. Elucidation et explicitation des éléments de ladite conception

 

2.1. L’Onomastique (étude et signification du nom). L’étude de la signification du nom dans la société négr-africaine a démontré que le nom, dans cette société, n’était pas une étiquette familiale comme en Occident. La personne humaine, tout en vivant dans la société, a une place unique. Nommer comporte une programme de vie que l’individu doit réaliser lui-même et non par procuration. Le nom indique l’historicité de chacun dans sa singularité et son unicité non communicable et non réitérable. Il marque chaque individu dans sa réalité ontologique. Le nom indique l’essence d’une personne et ne peut être cité à la légère.

 

2.2. Il existe partout en Afrique, des proverbes et des récits qui mettent en évidence l’importance de légo; des textes qui enseignent la ruse, la réflexion, la prudence, le recours à l’intelligence, à soi-même pour sortir victorieux du combat de la vie. Une soumission aveugle à autrui y est présentée comme une imprudence. Chez les Luba-Kasaï, les contes la mangouste (“Kabundi”) est le héros principal illustrent ce point de vue..

 

2.3. La palabre africaine consiste en des débats contradictoires et libres chaque personne avait droit à la parole pour exprimer sans contrainte sa pensée, son opinion, ses arguments. Ces palabres mettent en évidence l’existence de l’esprit critique; montrent, ainsi que les sanctions qui en découlent, qu’il n’y avait pas de déterminisme social et absolu. Les sanctions interviennent il y a possibilité d’exercer la liberté et excès de liberté. De la pluralité d’opinions et d’arguments on aboutissait à un large “consensus”, à une décision exécutoire et opposable à tous et à chacun. La décision finale n’était donc pas un phénomène spontané et facile. Elle était conquise sur des subjectivités exigeantes. La nature polémique de la vérité était donc reconnue. C’était un système démocratique fondé sur l’exercice de la liberté, de la parole et de la vérité.; une démocratie fondée sur la participation des adultes ou des vieillards aux prises des décisions politiques et sociales. 

 

2.4. Les égyptologues ont démontré, de manière imposante, que c’est l’Egypte pharaonique, habitée par les Noirs, qui est la mère lointaine de la science et de la philosophie occidentale, de ces productions théoriques le “je” se pose et s’impose comme sujet libre et responsable, comme puissance inventive et révolutionnaire, que les emprunts inavoués des philosophes grecs à la pensée de cette Egypte est évidente. La théorie des contraires d’Héraclite, la dialectique et les principes de l’âme chez Aristote, les catégories de l’être dans la philosophie bantoue comparée de Kagame….tirent leur origine de l’Egypte ancienne. Et la philosophie se caractérise, rappelons-le, par la réflexion, la rupture, grâce au doute, avec le donné, la capacité de soumettre la tradition à une critique sans complaisance, la primauté de l’individuel sur le collectif, la prise de conscience de soi comme pouvoir autonome du discours, comme liberté créatrice.

 

2.5. Il existe, en outre, en Egypte ancienne, des textes d’une nature philosophique, d’une abstraction remarquable.

 

Conclusion: notre réponse affirmative est donc justifiée et fondée dans la mesure la démocratie implique l’affirmation de l’individu comme une réalité valable et qui assume sa liberté; favorise l’imagination critique; renvoie chacun à la responsabilité personnelle, à la prise en charge de son propre destin conjoint à celui de sa communauté historique; offre à l’individu les possibilités d’émergence et d’épanouissement; respecte la diversité des opinions; est soucieuse de la vérité considérée comme chose publique, résultante de l’intersubjectivité et fille de la discussion, de la confrontation des opinions personnelles; vise à éveiller la conscience de soi historique et repousse la confiance aveugle à autrui ou à la tradition ainsi que la conception de l’histoire comme le déterminisme absolu.

A suivre.

Tshipamba Mpuila
UDPS BELUX